
J’aurais aimé,
Ma chérie bien-aimée,
Te faire construire
Un Taj Mahal
J’aurais aimé,
Ma chérie bien-aimée,
T’offrir des jardins Agdal
Ou un Buckingham Palace
Ou encore une tente dans les étoiles
Ou un château à Dallas
Mais, tu sais,
Ma chérie bien-aimée,
Je n’ai ni or ni argent
Je n’ai que ce Français
Qui vole mes pensées
A l’oubli
Et en fait des vers
Bien jolis.
Oui, chérie,
Je n’ai ni or ni argent
Je n’ai que des mots,
Des mots qu’aucun argent
Ne peut acheter!
Des mots que seule toi
Peut entendre de moi,
Des mots qui feront de toi
Une reine gâtée.
Toute la France entrerait en danse
-Et même en transe!-
Si jamais je disais ces mots
A toi, à haute voix!
Des mots qui valent de l’or
Et même plus!
Des mots que je te dirai encore et encore
Ne fût-ce
Que pour ces années éphémères!
Des mots tous ronds
Qui te rappèleront
L’Odyssée de l’Amour
Depuis toujours.
Je te parlerai de ces rois
Qui ont subitement tout quitté
Dans leurs châteaux
Pour aller vivre dans les prairies
Avec leurs amours chéris.
Je te parlerai d’Alexandre et Roxane
Je te parlerai d’Abla et Antar,
De ces paysans et paysannes
Dont l’amour était art,
Et que les jeunes du désert
Chantent à la flûte sur la route
Des caravanes!
Je te parlerai de tes bijoux
Je te parlerai de tes cheveux
Je te parlerai de ton parfum préféré
Je te parlerai de ton peigne
Et de ton chapelet.
Je te parlerai de tout
Ce qui te plaît:
Je te parlerai de ton sac à main
Et de ton prie-Dieu.
Je te parlerai des lueurs de bonheur
Dans tes yeux.
Je te parlerai de ton sourire.
Je te parlerai de ton soupir.
Je te parlerai de ton enfance
Que je ne connais pas,
Je te parlerai de tes rêves
Que tu n’oublies pas.
Je te parlerai de tes larmes
Que je ne vois pas,
Je te parlerai de tes mains
Qui ne me touchent pas,
Je te parlerai du bébé
Dont tu rêves encore et encore.
Je ferai parler de toi
Tous les chanteurs
Et tous les rois.
Je rendrai toutes les femmes
Jalouses de toi!
Je te dirai des mots encore et encore
Avant de te dire:
Maintenant, chérie,
Dors, je t’aime!