dimanche 28 octobre 2007

Là-bas

Là-bas à Rabat j’ai un cœur qui bat

J’ai des lèvres qui, comme des lièvres,

Courent après celle qui, sans ailes,

Vole à travers ciel

Où l’on peut voir, matin et soir,

Des étoiles portant le voile

Dont la Lune fait la Une

De son journal !

La Lune, cette belle brune,

Ecrit, et crie, qu’elle aime

Celle que j’aime

Et que je ne connais pas.

Que m’importe !

Je fais en sorte

Qu’elle soit là-bas à Rabat.

Je l’aime. Je l’aime. Je l’aime dans son voile.

Je l’aime chair et poil.

Et je l’attends tout le temps

Comme les gens des dunes

Attendent la lune.

Oui, je l’attends.

Oui, je t’attends !

Et c’est de moi que tu te caches, chérie ?

Moi qui, si je ris,

Je ne ris que pour toi ?

Moi qui, si je chante,

Je ne chante que pour toi !

Et toi, qui me hantes,

Tu te caches de moi ?

samedi 27 octobre 2007

C’est toi















Oui, elle est grande
Elle est blonde
Mais elle est l’amie de
Tout le monde!
Moi, je veux une fille à moi,
Et c’est toi que je veux:
Quelle que soit la couleur
De tes yeux
Ou la longueur
De tes cheveux
C’est bien toi que je veux!
Mais non!
Ne suis pas mes yeux
Quand les filles passent près de moi;
Mais regarde-moi bien dans les yeux:
Tu ne verras que toi!
Si je t’envoie un SMS
C’est comme un SOS:
Je ne l’envoie à personne d’autre
Que toi!
Alors cesse de me parler de «l’autre»!
Il n’y a que toi!
Oui, c’est toi!
Taie-toi:
Ne dis pas de bêtise!
Il n’y a que toi!

jeudi 25 octobre 2007

Des Mots


J’aurais aimé,
Ma chérie bien-aimée,
Te faire construire
Un Taj Mahal
J’aurais aimé,
Ma chérie bien-aimée,
T’offrir des jardins Agdal
Ou un Buckingham Palace
Ou encore une tente dans les étoiles
Ou un château à Dallas
Mais, tu sais,
Ma chérie bien-aimée,
Je n’ai ni or ni argent
Je n’ai que ce Français
Qui vole mes pensées
A l’oubli
Et en fait des vers
Bien jolis.
Oui, chérie,
Je n’ai ni or ni argent
Je n’ai que des mots,
Des mots qu’aucun argent
Ne peut acheter!
Des mots que seule toi
Peut entendre de moi,
Des mots qui feront de toi
Une reine gâtée.
Toute la France entrerait en danse
-Et même en transe!-
Si jamais je disais ces mots
A toi, à haute voix!
Des mots qui valent de l’or
Et même plus!
Des mots que je te dirai encore et encore
Ne fût-ce
Que pour ces années éphémères!
Des mots tous ronds
Qui te rappèleront
L’Odyssée de l’Amour
Depuis toujours.
Je te parlerai de ces rois
Qui ont subitement tout quitté
Dans leurs châteaux
Pour aller vivre dans les prairies
Avec leurs amours chéris.
Je te parlerai d’Alexandre et Roxane
Je te parlerai d’Abla et Antar,
De ces paysans et paysannes
Dont l’amour était art,
Et que les jeunes du désert
Chantent à la flûte sur la route
Des caravanes!
Je te parlerai de tes bijoux
Je te parlerai de tes cheveux
Je te parlerai de ton parfum préféré
Je te parlerai de ton peigne
Et de ton chapelet.
Je te parlerai de tout
Ce qui te plaît:
Je te parlerai de ton sac à main
Et de ton prie-Dieu.
Je te parlerai des lueurs de bonheur
Dans tes yeux.
Je te parlerai de ton sourire.
Je te parlerai de ton soupir.
Je te parlerai de ton enfance
Que je ne connais pas,
Je te parlerai de tes rêves
Que tu n’oublies pas.
Je te parlerai de tes larmes
Que je ne vois pas,
Je te parlerai de tes mains
Qui ne me touchent pas,
Je te parlerai du bébé
Dont tu rêves encore et encore.
Je ferai parler de toi
Tous les chanteurs
Et tous les rois.
Je rendrai toutes les femmes
Jalouses de toi!
Je te dirai des mots encore et encore
Avant de te dire:
Maintenant, chérie,
Dors, je t’aime!

jeudi 18 octobre 2007

I Love Your Veil





I REALLY LOVE YOUR VEIL



What’s all this tale about the veil?
Fred and Gail shout and hail
Straw as hero
For his hail of fire on Aïsha’s attire.
Did Straw want Aïsha to show
Herself from head to toe?
Let Gail wear a mini-skirt
For her flirt.
And let Aïsha wear on her face
Or on her hair
Whatever piece
That would bring her peace
Vis-à-vis God and vis-à-vis Man.
Oh, man!
Why d’you wish her to disclose
Her beautiful eyes and nice nose
Or her lips or her hips
If that belongs to her?
Come on, Sir!
That body you want her to show
Is a diamond dearer than the glow
Of the face of Marilyn Monroe!

مناجاة

وطني، لم لا تتكلم؟ وطني، لم تتلعتم؟

وطني، حبيبي، تكلم

قل: أنا عربي، نعم، أنا عربي

و أطربني و زد في طربي

غن لي ما غنت ملوك الأدب

غن لي ما غنت دنانير

فأنا لا أهوى ما تهوى الجماهير
أنا أهوى ما غنى ابن زيدون للقمر

أنا أهوى ما قال شوقي للعربان و الغجر

أنا أهوى ما قال البارودي للنيل و الشجر

قل لي ما قال ابن خفاجة للزهر و الوتر

غن لي ما غنى المتنبي عن السيف و القلم

ألا تعلم أنا كنا أبهى الأمم؟

أتراك نسيت المتنبي؟ أم نسيت أنك عربي؟

أم أنك لا تعرف أحمد شوقي؟

أم أنك لا تعرف مجنون ليلى، امام العشق؟

أم أنك لا تعرف الهوى الدمشقي؟

لا، يا وطني

قل: أنا عربي، نعم، أنا عربي

و غن ما غنى أبو ريشة و ابن المرحل

و ما غنى المجدوب للمقهور و المحبوب

و ما غنى للنجوم الرحل

غن لي : يا جارة الوادي

و أسمع الصديق و الأعادي

و لا تخش الا الله، و قل

أنا عربي، نعم، أنا عربي

و أطربني و زد في طربي

و غن لي ما غنت ملوك الأدب

mardi 16 octobre 2007

Du thé













C’est bon Coca-cola.
Mais je préfère du thé, s’il te plaît!
C’est bon du thé avec du méchoui,
Non ?
Même avec du couscous
Je n’aime pas boire ce coca.
Ce que j’aime, moi, c’est
M’asseoir là, sous cet arganier,
Du rôti à la main
Et du thé;
Et, du fond du cœur de Radio Rabat,
Vient la voix de Rouicha
Chanter l’amour des montagnes.
Je ferme alors les yeux:
Je vois la neige et l’amour des sourds,
J’entends le guenbri pleurer à qui veut l’entendre;
Et je pense à mon âme jumelle,
Celle qui est là-bas à Rabat.

samedi 13 octobre 2007

Malade
















Malade, oui, je suis malade.
Oui, ça y est :
Aucune balade ne me rendra le sourire.
Aucune salade n’arrêtera mes soupirs.
Non, ça y est :
Ne me donnez plus de sirop, plus de pommade,
Ça ne changerait rien, rien à mon mal,
Je resterai le visage pâle, l’air maussade.
Faites-moi du bien
Et laissez-moi dire mon émoi pour la dernière fois !
Car je sais que c’est fini
Il ne reste plus que la façade.
Ne me parlez pas d’opération
L’opération est une belle opération
Pour le chirurgien,
Lui qui prendrait l’argent
Mais pour moi, qui n’ai rien, ni or in argent,
L’opération est une abberration
C’est un luxe dont je ne rêve pas.
Laissez-moi tranquille.
Ne pleurez pas devant moi.
Je sais qu’un jour vous ferez un tour
Au cimetière,
Et qu’après la prière
Vous me mettrez dans un trou
Et vous reviendrez manger du couscous.
Alors pardonnez-moi si je tousse,
Pardonnez-moi si je fais pipi dans mon lit,
Pardonnez-moi si je vous dit Adieu !

mercredi 10 octobre 2007

Quand on chôme

Quand on chôme
On est comme des pommes
De terre jetées par terre:
On pourrit.
Quand on chôme
On se cache et joue à cache-cache
Comme des souris.
Quand on chôme
On se souvient de Dieu
Et l'on prie.
Mais quand on ne chôme plus
On ne prie plus.
Quand on chôme
On devient fou:
On brûle et on casse;
Quand on ne chôme plus
On devient plus doux
Que Julio Iglisias:
On devient des pommes bien emballées;
On s'exhibe comme des princes au palais,
Et l'on parle des chômeurs
Comme d'un match de foot.

mercredi 3 octobre 2007

Invitation


Allons, allons!
Voilà un salon,
Un salon marocain
Que je souhaiterais à chacun.
Imaginons un peu ça:
Que nous soyons tous là
Autour de l’une de ces tables
A écouter des fables
Sur Miloud et Milouda à Aïn Harrouda,
Tout en prenant du thé et de la harira
Devant les cams d’Aljazeera!





Plus de photos:
Salons marocains traditionnels

Amina

Florence oublie toute la France
Et va chez l’Imam,
Elle lui dit : “Je veux entrer en Islam."
Dès le lendemain elle ne tend plus la main
A un homme étranger.
Toute la famille devient dérangée,
Les copines au lycée
Se demandent c’qui s’est passé.
Florence pense un instant, et dit :
“Mes chères copines,
Ne faites pas grise mine.
Amina de mardi
N’est autre que Florence de lundi !"
“Et pourquoi t’as pas tendu la main à Michel ?"
Demandent les filles.
“Je laisse Michel à vous, les gazelles !"
Dit Amina, au grand bonheur des filles.

lundi 1 octobre 2007

بلادي



أحبك، بلادي، حب الصبايا للفساتين
أحبك، بلادي، حب الطيور للبساتين
أحبك حب النحل للياسمين
أحبك حب الفراش للرياحين
أحبك حب الرهبان للقرابين
أحبك حب الجنود للنياشين
أحبك حب الشعراء للسلاطين
أحبك حب الكفار للشياطين
أحبك حب الكعبة للحجاج الميامين
أحبك في كل وقت وحين
ها أنذا قد أعلنت حبي ، يا بلادي

فهل تحبيني؟

La Chanson du Meskine

J’ai faim et ma faim n’a pas de fin.
S’il y a plein de pain dans les magasins
Il y a peu de sous dans ma main,
Et quand je vois ces sous dans ma main
Je pleure,
Mes enfants pleurent avec moi.
J’aurais aimé leur acheter du beurre
Ne fût-ce qu’une fois par mois.
Mais le beurre est plus cher que les fleurs !
Que dire alors de la viande
Quand les bêtes se vendent à prix d’or ?
Que dire alors du sucre ?
Que dire de l’huile ?
Des gens rêvent de l’or,
Moi, je rêve du sucre et de l’huile !
Je rêve d’un morceau de fromage,
Mais –dommage ! – mes rêves
Ne sont que des nuages !
Je ne peux pas mendier.
Je ne veux pas mendier.
Je ne dois pas mendier,
Et pourquoi devrais-je mendier
Alors que mon pays
N’a pas faim, lui ?
Mais oui,
Il y a beaucoup de Mercedes dans mon pays,
Il y a beaucoup de châteaux dans mon pays
Moi je ne rêve pas de princesses
Ni même de gâteaux
Je veux seulement du pain
Pour mes petits.
Aux riches et aux nobles le couscous et le rôti !
Moi je ne veux que du pain et du beurre
Pour mes petits !
Moi aussi j’aime mon pays
Moi aussi j’aime mon Roi
Mais –ma foi–
Que mon pays m’aime, lui aussi,
Autant que moi, ou quoi !