dimanche 23 septembre 2007

Would Sindbad...

Would Sindbad be sad or glad
To be back in Baghdad?
Would he be happy
To stay amid boys and tanks?
Or rather say, “No, thanks!
Bye!I’ll fly to New York!”
Would he eat camel meat or pork
In New York?
Would he have milk and dates?
Or chips and Coke in New York?
Would he play the guitar?
Or the lute and flute in New York?
Would he study democracy at N.Y.U.?
Or tell the Arabian Nights in Jersey City?
Would he miss Layla in New York?
Would he like the people there
On Washington Square?
Would he fall in love in New York?
Would he say, “Get down, baby!”
Or, “If only you knew how much I care!”?
Would he go on air
And say, “Hi Bush and Blair!
No one’s lost, no one’s won.
Stop the war! And let’s move on!”

Le printemps

Le printemps craint son
Départ avant de lancer
Un dernier regard
Sur tes yeux élancés.
Oh, quel honneur pour toi!
Quel bonheur pour moi!
Tu sais pourquoi, chérie?
C’est parce que dans tes yeux
Brille

La foi de ton âme
Comme brillent
Les flammes dans le corps
D’une femme.
Tu sais, chérie?
Quand tu pries,
Le printemps sourit!
Et moi, j’ai les larmes aux yeux,
J’ai le ventre creux
Car je ne peux plus ni manger ni boire:
Je reste là à te voir
Prier Dieu
Jusqu’à ce que tu aies
Les larmes aux yeux!
Tu sais?
J’ai envie de dire, mon amour:
Prête-moi des yeux de velours
Ne fût-ce que pour un jour!
Je veux sentir le plaisir
Que le printemps sent
Quand il regarde tes yeux
S’élancer vers Dieu!

Un peu d’amour

Le vautour est de retour.
Il cherche une copine
Dans les collines,
Il en aperçoit une
En train de manger une prune,
Mais celle-ci
N’est ici
Que pour un autre vautour,
Qui, lui, aussi,
N’est ici
Que pour faire l’amour.
Alors que va faire la copine?
Et bien, elle danse, vole et
Pense…
Alors que les deux vautours
S’exhibent tour à tour
Puis font la guerre
Jusqu’à la tombée du jour,
Et ce, pour le plaisir de satisfaire son désir
De faire l’amour
Avec la copine de toujours.

I Wanna Be a Beeh

Ana 'ayez eeh?
Well, I wanna be a beeh:
A guy seated in a high
Chair, swinging my feet,
Stroking my hair,
Drinking all that’s sweet
While my secretary smiles at me,
Waves at me,
Sings me Um Koultoum,
Drives all the gloom
Away from me.
I wanna be a beeh
With a moustache and a beard;
A great guy to be feared
At the office and in the car,
Dazzling those who see me from afar.
I wanna be a beeh
With a great hanem,
Great in shape like the women of Harlem,
But gentle like an ape,
Not like a Kheddewi hanem.
I wanna be a beeh
With a Havana cigar,
With a Limousine car.
I wanna have the look of a star.
I wanna be a beeh
Dearer than the gueneeh,
Dearer than the charm of Nancy Ajram,
Dearer than freedom
For the detainees at Bagram.
I wanna be a beeh
In a grey suit and red tie,
With a long stick and large purse,
Making everyone look shy
Like an impotent man
In front of a nurse!
Oh, but just tell me why :
Why can't I be that beeh?

Un vrai régal

Non, on ne met pas de farine
Dans un tajine;
On n'y met que la meilleure viande
Et les meilleures légumes,
De l'huile aussi,
Des épices, et du sel.
Ne me dis pas que tu ne sais pas
Ce que c'est qu'un tajine.
Tu sais bien que c'est un régal
De prendre place
Autour d'un tajine
Cuit à feu doux sous un olivier
Loin des vaches et des coquelicots
A l'abri du soleil de midi.
Et après le tajine,
On prend du thé:
Mais du thé à la menthe et à la chiba.
Oh comme il est doux!
De manger et de boire au douar
Tout près de grand-mère
Et des petits.

Pour le plaisir de Monsieur Papa!

Oh Maman!
Oh jolie Maman!
Que c’est joli ça, non?
Tu me dis, Mehdi,
Ne fais pas de bêtise !
Prends un dirham du beztam°
Et vas chez l’épicier du coin
Achète-toi un petit pain
Et fais attention à la circulation!
Comme ça je vais à l’école
Avec un petit pain
-Un tout petit pain-
Alors que les copains
Y vont le ventre plein
Mais moi,
-Tan pis pour moi!-
Je vais à l’école
Avec un petit pain
Car Maman
-Pauvre Maman!-
N’a pas pu dormir tôt la nuit
Car Papa
-Salut Papa!-
Ne l’a pas laissée dormir,
Juste pour son plaisir!
Et moi
Je vais le matin à l’école
Avec un petit pain
Et j’apprends l’Espagnol!
Oh que c’est joli!
Dites à Maman:
Ne t’en fais pas!
Et à Papa: Bonne nuit!


° Bourse, porte-monnaie en dialecte marocain.

Demande de fatoua

Un jeune homme,
Blond et barbu,
Demande au Mufti de Qom,
La voix presque émue:
“Est-il halal ou haram
De dire Salam
A une américaine dont le mari est capitaine
Dans la U.S. Navy à Kuwait City?"
“Puisqu’elle est femme d’un G.I.,
Alors dis-lui: Hi!”
Dit le Mufti, ouvrant l’appétit
Au jeune homme blond et barbu,
Qui dit, avec l’innocence des petits:
“Elle et moi nous avons mangé et bu!Est-ce halal ou haram, Mufti?”
“Si vous avez mangé du rôti
Et bu du thé ou du café,Qu’est-ce que ça fait?
Ca fait rien, rien du tout!
Mais dis-moi : est-elle encore là
Cette femme qui t’a fait les yeux doux?
Peux-tu me donner son numéro?”
Dit le Mufti d’une voix de gourou.
Le jeune homme rougit,
Il éteint la bougie
Et quitte la salle, le visage pâle.

A bas le tabac !

Elle est belle cette demoiselle.
Elle fume cigarette après cigarette.
Pourtant, elle est belle
Cette demoiselle.
Elle est plus belle que toutes les roses.
Elle me fait face, mais
Elle révasse à quelque chose.
Est-ce qu’elle s’imagine
Dans un hôtel cinq étoiles
Ou dans un hôpital?
Je ne sais pas.
Est-ce qu’elle se voit à dos de chameau
Dans le désert lointain
Ou dans les ghettos de Medellin
Avec un vendeur de cocaïne?
Il semble qu’elle n’est pas heureuse
Cette belle fumeuse.
Est-ce qu’elle pense à Dieu
Ou seuls les vieux pensent à Dieu?
Que veut-elle cette belle demoiselle?
A-t-elle un problème
Avec celui qu’elle aime?
Mais pourquoi tant de cigarettes?
Est-ce chouette
De fumer
Cigarette après cigarette?
Pourquoi pas du thé
Ou du lait au chocolat?
Pourquoi pas une
Promenade dans un jardin?
Pourquoi pas lire un poème
Ou en écrire un?

Bravo!

Salut à toi, Inconnu!
J'aime l'odeur de la sueur sur ta tenue.
Toi qui fais des rêves et tentes
D'en faire du vrai, malgré
Tout ce qu'ils disent et ressentent
Envers toi.
J'aime le sérieux qui brille dans tes yeux.
J'aime ton regard quand tu oses voir
La gloire là où seuls
Les malades de paresse, qui rient sans cesse,
Et refusent de fermer leurs gueules,
Ne voient que mirages.
Mais toi, roi du bricolage,
Ton courage rend les nuages
Des poupées entre tes doigts.
Et moi je dois te rendre hommage;
Je te dis à haute voix:
Salut à toi, Inconnu!
Salut à la sueur sur ta tenue!

Dans un coin de Rabat

Dans un coin de Rabat
Des gamins jouent à haba
D'autres jouent au dinifri
Tandis que Migri
Chante Fat el Miâad
Au Café Chehrazad.
Des bniyattes mignonnes comme des chattes
Conduisent des katkat
Alors qu'un vieil homme de Settat
Ne roule que dans un R4.
Loin de là, voilà
Un homme qui chôme malgré ses sept diplômes:
Il erre comme un étranger au Quartier les Orangers.
A Bab el Had un mec de Bab Barred
Cuit des frites et du poisson
Alors qu'un autre sert des boissons
A des gens venues de partout à cette ville
De mille et une histoires
Pour partager la joie de manger et boire
Du matin au soir
Car la vie, dit-on, n'est pas là pour longtemp:
Sinon, où sont les maçons qui ont bâti la Tour Hassan?
Où sont les Sidi et Lalla qui ont vu la gloire de Chella?
Où sont les fellahs qui vendaient leurs poules à Bab Rouah?
Mais quand même on s'aime
Pour que la vie soit cool.